Samedi 27 octobre, s’est tenue à Marseille, une consultation citoyenne ouverte à tous les citoyens, transparente, non partisane.
La thématique choisie portait sur « Erasmus+ et la mobilité des jeunes ».

Pour rappel, l’objectif d’une consultation citoyenne est d’organiser un temps d’échange avec les citoyens sur l’Europe.  Elle donne la priorité à l’expression citoyenne et à sa restitution. Aux citoyens de débattre de l’avenir de l’Europe, de s’exprimer sur leurs attentes, leurs déceptions, d’émettre des propositions et des souhaits, de dire ce qui plait et ce qui plait moins dans l’Union européenne aujourd’hui.

Des intervenants de qualité ont accepté de participer samedi à cette consultation, pour animer le débat et répondre aux interrogations.

  • Corinne Fichet-Clairfontaine, enseignante en lycée professionnel, Coordinatrice du programme Erasmus+ au Rectorat d’Aix-Marseille
  • Frédéric Weber, Secrétaire général d’Eurocircle, Président de l’Association FenêtreS , Consultant, Formateur Gouvernance des ESSMS et Ancien directeur de MECS

Nous en profitons pour présenter l’ouvrage de Frédéric Weber « Mon Métier de Directeur de Maison d’Enfants à caractère social » au travers de la critique du Professeur Daniel Derivois.

Par le Professeur Daniel Derivois, Professeur de psychopathologie et psychologie clinique, Université de Bourgogne Franche-Comté

Dans un style vif, percutant, une terminologie offensive, Frédéric Weber présente dans son livre, sa posture créative et sa façon de se « décaler » en tant que directeur de MECS. Le but est de créer les conditions pour laisser advenir ce que chaque enfant, chaque adolescent, chaque famille mais aussi chaque professionnel a de meilleur en lui-même ou en elle-même.

S’appuyant sur sa trajectoire d’éducateur spécialisé, de chef de service puis de directeur, il s’interroge à haute voix sur un certain nombre d’impasses et interroge décideurs politiques, financeurs, professionnels du social sur le sens de leurs actions.

Ses différentes fonctions l’ont amené dans les méandres institutionnels à faire un diagnostic de ces impasses et à ouvrir des chantiers dont les maîtres mots sont : éducation non formelle, déconstruction, mobilité, interculturalité, décloisonnement, désinstitutionalisation, ouverture sur le monde, autant de mouvements qui peuvent déranger, effrayer les consciences mais combien nécessaires dans la protection de l’enfance aujourd’hui et dans nos sociétés en général.

Ce sont les grandes lignes d’une nouvelle posture de directeur de MECS – et de citoyen dans la Cité – que Frédéric Weber propose dans ce livre. À travers ses propositions, il pousse les murs de l’institution et invite à apprécier ce qui se passe derrière. D’une logique de place à une logique de parcours, souligne-t-il. Des parcours, des trajectoires, des destins, des fenêtres sur soi et sur l’autre vers la possibilité du vivre ensemble.

Un livre qui s’adresse autant aux politiques, décideurs, financeurs qu’aux professionnels des milieux socio-judiciaires, sanitaires, éducatifs et scolaires. Un témoignage vivant. Un chantier risqué. Un projet d’avenir. On pense à Jules Renard (1902) « Le projet est le brouillon de l’avenir. Parfois, il faut à l’avenir des centaines de brouillons [1] ». Le lecteur en sort enrichi, prêt à prendre des risques, à passer à l’action et surtout à engager une discussion sur les destins de ces enfants, adolescents et familles qui rêvent les yeux ouverts sur le monde qui vient.


(1) Renard, J. Journal (1887-1910).

https://livre.fnac.com/mp30209818/Mon-metier-de-directeur-de-Maison-d-Enfants-a-Caractere-Social
https://www.amazon.fr/Metier-Directeur-dEnfants-Caractere-Social/dp/2955929204
https://www.unitheque.com/Livre/run_et_sens/Mon_metier_de_directeur_de_maison_d_enfants_a_caractere_social-103377.html

 

 

Deux livres importants qui situent une même perspective : face au tragique de l’histoire, il faut refaire de la politique.

Dans un monde bousculé par des mouvements puissants et qui semblent échapper à tous nos pouvoirs démocratiques, ces livres posent la question de l’avenir de ce qui nous lie. Les deux auteurs s’inscrivent dans une perspective posée par Hannah Arendt qui voit arriver le monopole de la sphère privée. Celui-ci va couper l’individu du monde, de la réalité et de l’altérité, si bien que la modernité va ressembler à une société de producteurs consommateurs futiles et isolés les uns des autres. La philosophe nomme désolation cette rupture de communication. C’est ainsi que l’individu moderne se dépolitisera, qu’il désertera le monde.

Ces deux livres analysent cette société dépolitisée et ces conséquences. Ils voient dans cette modernité une dépravation de l’activité politique. Devenu un simple moyen de conservation de la vie, la politique ne sert plus à construire un monde commun, mais à gérer l’existant en permettant à chacun de satisfaire ses désirs.

 

Les enfants du vide – Raphael Gluscksmann, Allary Editions 2018

 

Un constat éclairé et éclairant de notre société où l’individu est léger et a abandonné la politique. Il a oublié qu’il était un citoyen pour devenir un homo festivus (Philippe Murray). Un monde dans lequel le progrès signifie le simple assouvissement de tous nos désirs, même quand il s’agit de dépasser les limites de la nature. Cette société du vide nous conduit droit à une impasse et déjà les conséquences environnementales et démocratiques se font jour.
C’est à une profonde remise en cause que nous invite Raphael Glucksmann. Elle tient en un mot : le retour de la politique.

 

 

Demeure – François-Xavier Bellamy, Grasset 2018

Un essai rafraîchissant qui redonne à l’action politique un ancrage dans son époque et les défis qui la traversent. L’auteur nous encourage à cesser de subir un processus d’accélération qui touchent tous les champs de nos vies privées et publiques. Il nous propose de nous intéresser aussi à ce qui « demeure » et mérite d’être conservé. Ce livre nous alerte sur l’urgence de restaurer l’action politique et de ne pas céder aveuglément aux changements dictés par les progrès technoscientifiques et les sirènes de ce qui n’est plus qu’une caricature du capitalisme libéral. Face au changement permanent, l’auteur n’oppose pas l’immobilisme mais la sagesse.

 

POUR RECONSTRUIRE CE QUI NOUS LIE, IL FAUT RÉAPPRENDRE À PROMOUVOIR UN NOUVEL ACTEUR, PLUS VIVANT QUE L’ÉTAT
ET PLUS HUMAIN QUE LE MARCHÉ : LA SOCIÉTÉ ELLE-MÊME

Les grands mouvements de notre époque tendent à éloigner toujours plus les citoyens des lieux de décision (mondialisation, européanisation, métropolisation…). Cet éloignement rend toujours plus abstrait les décisions politiques, renforce la démobilisation et conduit à l’affaiblissement de toutes les composantes de nos sociétés.

Ce qui unit les citoyens se trouve dans la proximité, se ressent concrètement, quotidiennement. Les grandes idées viennent ensuite : « l’harmonie procède de la proximité pour s’étendre à l’universel ». Il est difficile de se mobiliser pour ce qui ne nous touche pas directement. Comme on ne peut atteindre l’universel qu’au travers du particulier, remettre l’État à l’endroit c’est donner la priorité aux politiques locales.

C’est à ce niveau LOCAL que les grandes transformations relatives à la vie quotidienne des citoyens (l’énergie, le logement, l’alimentation, la propreté, la sécurité…) doivent être mises en œuvre. Ce n’est qu’à ce niveau que pourra se réaliser la mobilisation des composantes de la société sans laquelle rien n’est possible. Aujourd’hui, une politique puissante, transformatrice, c’est une politique capable de mobiliser un très grand nombre de ressources coordonnées autour d’un projet qui fait sens car inscrit dans notre quotidien.

Avec un projet basé sur la proximité, c’est toute la société qu’il faut apprendre à mobiliser dans le cadre de démarches nouvelles au sein desquelles chacun pourra contribuer à sa mesure.

CitizenLab entame un nouveau cycle de réflexion et de propositions à l’aune des prochaines échéances qui s’annoncent. Notre objectif est d’alimenter le débat public, de laisser la parole citoyenne s’exprimer, de « renverser la table » parfois (notre logo) et d’interroger sur le monde que nous voulons face aux grands enjeux écologiques, économiques, politiques et sociétaux qui s’annoncent.

Cécile Vignes
Présidente du think tank CitizenLab

 

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