NOTRE PROJET

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LA NOUVELLE SOCIÉTÉ

SAISISSONS L’OPPORTUNITÉ DE BÂTIR UN NOUVEAU PROJET COLLECTIF

Il y a 175 ans, A. de Tocqueville nous a alerté sur les conséquences de la mise en place d’un pouvoir immense et tutélaire se chargeant seul de contrôler le sort du peuple. Il évoquait la conséquence d’une confiscation de la démocratie, par quelques uns en mettant en évidence l’individualisme qui en résulterait. Il concluait son propos : « il (l’individu) n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie ».

C’est cette même perspective qui amène Philippe Blond à suggérer que le véritable héritage de notre histoire politique depuis l’après-guerre est un Etat dirigiste et centralisé et une société fragmentée[1]. Cet héritage nous laisse une société qui se caractérise par des inégalités injustes, une mobilité sociale très faible, une inégalité des chances démesurée et une perte de repères sans doute inégalée dans l’histoire.

Paradoxalement, on ne peut que constater la convergence entre la vieille philosophie de l’Etat et la vieille philosophie du marché. L’Etatisme comme le marché ont brisé la société civile et laissent les individus là où ils sont, soit en les assistant, soit en les abandonnant à leur sort, mais sans jamais leur offrir l’espérance d’accéder à une vie meilleure.

DONNONS LA PRIMAUTÉ  À LA SOCIÉTÉ CIVILE POUR CONSTRUIRE UNE NOUVELLE SOCIÉTÉ

La plupart des idées et toutes les institutions connaissent un terme à leur existence. Le moment est venu, devant le grand tourbillon dans lequel la France est entraînée, de procéder aux profonds changements dont notre Pays a besoin. Face à la « société de défiance » et ses conséquences économiques, sociales et politiques catastrophiques pour la cohésion nationale, face à la mosaïque de corporations et de rentes qu’est devenue la France, nous proposons de reconstruire une société dans laquelle les français retrouveront leur unité et le sentiment d’appartenir à un projet collectif.

Nous voulons créer une société plus inclusive, une société dans laquelle chaque personne aura accès aux opportunités économiques dans des conditions égales afin que les richesses créées profitent réellement à tous. Nous souhaitons une société qui promeut l’autonomie et non plus l’assistanat, une société dans laquelle chacun sera devenu partie prenante de la vie politique. Nous voulons construire une société dans laquelle le peuple tout entier se sera ré-approprié son histoire, sa culture, le sens de nos valeurs républicaines et qui pourra ainsi de nouveau s’ouvrir sans crainte au monde.

C’est cette vision, nécessaire et évidente, qui nous appelle à mettre en œuvre les profonds changements formant ce nouvel horizon autour de trois principes supérieurs.

Le principe de justice. « La justice est la vertu absolument première des Institutions sociales[2] ». Par cette déclaration, John Rawls signifie clairement qu’il s’inscrit contre le positivisme juridique et dans la tradition du droit naturel. Il nous indique qu’il y a « une primauté du juste sur le droit » et que « le droit n’est droit qu’autant qu’il protège et garantit la norme de justice », et d’abord celle qui reconnaît la dignité de la personne humaine. Dans la perspective tracée par John Rawls, nous bâtirons un ordre social juste. Cet ordre devra exclure deux sacrifices. D’une part le sacrifice des défavorisés au nom de l’efficacité économique, c’est donc le refus du neolibéralisme dont nous connaissons les conséquences en termes d’injustices ; d’autre part le sacrifice des plus favorisés au nom de la justice sociale, c’est le refus du socialisme autoritaire qui ne conduit qu’à appauvrir la classe moyenne. Dans cet ordre social juste, statuts et rentes auront disparu pour laisser place à la mobilité sociale et l’égalité des chances.

Le principe de responsabilité. Que ce soit en matière d’éducation, de parcours professionnel, de protection sociale ou encore de participation à la vie démocratique, nous faisons le constat que notre modèle d’Etat providence ne fonctionne plus parce qu’il apporte des solutions uniformes et standardisées à des attentes qui se sont individualisées. En conséquence, nous proposons un mode nouveau d’exercice de la responsabilité individuelle. Cette vision radicalement différente de la place de la personne a été pensée de longue date. Les bases en ont été posées voici un quart de siècle lorsqu’il est apparu que dans un monde de mobilités professionnelles, de revendications à la liberté de construire sa vie ; de volonté de ne plus être exclu de la vie politique ; les parcours individuels ne pourraient plus être bornés par l’appartenance à tel ou tel statut, ni procéder d’un lien de subordination de plus en plus mal vécu ou encore d’une origine sociale. Construire une société responsable, c’est bien davantage que de laisser la personne livrée à elle-même. C’est  faire le pari de la capacité de la personne à prendre en main sa vie avec l’appui de la société à toutes les étapes de son existence. Cette société responsable sera un nouveau contrat social qui replacera chaque individu au centre d’un système où le concept même d’actif et de citoyen aura évolué pour s’adapter aux réalités du monde moderne.

Le principe de confiance. Nous faisons le pari que le point de départ de notre communauté n’est pas l’Etat, mais la société civile. C’est cette société civile, dans sa capacité à retrouver son unité qui doit se réapproprier le débat politique, la démocratie et une forme nationale et républicaine inscrite dans son histoire et ouverte sur le monde. Il y a plus de 60 ans, Claude Lévy-Strauss[3] nous apportait une définition très claire du concept de civilisation : « c’est un tout complexe façonné au travers de l’histoire et qui comprend à la fois les sciences, les croyances, les arts, la morale, les lois, les coutumes et les autres habitudes acquises par l’homme dans l’état social« . Ainsi, en accord avec ce grand savant, nous postulons que respecter notre histoire, l’enrichir, poursuivre sa construction c’est se respecter soi-même. Dans ce sens, au sein d’une société qui a perdu la plupart de ces repères, savoir qui l’on est, d’où l’on vient participe du vivre ensemble dans une société apaisée et prospère. Notre patrimoine artistique, culturel, historique, paysager, folklorique, etc.., est immense et forme un bien commun pour le peuple tout entier et en particulier pour les plus modestes d’entre nous. Ce n’est qu’en reconnaissant cette richesse comme ciment de notre unité que nous pourrons bâtir une nouvelle société basée sur une confiance en notre avenir, et qui sera une nouvelle promesse dans laquelle nous souhaiterons vivre.

LES SIX CHANTIERS PRIORITAIRES POUR REFONDER NOTRE SOCIÉTÉ

Notre organisation sociale et politique est le résultat d’un ordre qui n’est plus. Il nous faut reconstruire un modèle, un commun, qui soit désirable et que l’on ait envie d’intégrer, d’imiter. C’est dans une réflexion profonde, pensant la France dans un Monde Nouveau, que nous voulons inscrire les six grandes transformations prioritaires qui forment les piliers de notre projet.

  1. Faire émerger une nouvelle économie qui intègrera le plus grand nombre. Dans une économie redevenue compétitive, le marché du travail associera plus d’opportunités pour les plus éloignés de l’emploi, plus de sécurités pour les salariés, et plus de souplesses pour les entreprises. Dans ce nouveau modèle économique, les systèmes mondialisés laisseront une place significative à une économie positive et re-territorialisée, respectueuse de son environnement.
  2. Construire le contrat social du 21ème siècle. Dans un monde marqué par l’allongement de la durée de vie, la multiplicité des modèles familiaux, la mutation du travail et des parcours professionnels, nous devons inventer les nouvelles protections. En rupture avec le modèle ancien de l’Etat providence, les pistes qui seront approfondies seront inscrites dans une logique de simplicité, d’universalisme afin de donner à chacun les moyens de son indépendance et de son autonomie, dans le respect de notre tradition de prévoyance collective.
  3. Replacer l’éducation au cœur de notre idéal républicain. Nous sortirons du système le plus inégalitaire qui soit. Loin d’une vision centralisée et bureaucratique, la nouvelle école s’adaptera aux besoins de chacun de nos enfants. L’ordre des priorités sera inversé, la maternelle et l’école élémentaire seront au cœur de notre projet pour permettre, en particulier aux plus démunis, d’accéder tout au long du parcours scolaire, aux savoirs qui émancipent et à une formation digne de ce nom pour que tous puissent trouver leur voie et y réussir.
  4. Redonner au Peuple une libre capacité de prendre les décisions qui lui importe. Pour retrouver toute sa légitimité, la République doit s’appuyer sur un Peuple qui la fasse vivre. Notre République est le premier des communs. L’immense erreur de nos élites est de s’en être détourné. Pour la refonder, nous transformerons radicalement le fonctionnement de la sphère publique en prenant appui sur le potentiel que constitue la société civile. Les principes de participation, de transparence, de territoire, seront ici au cœur de cette révolution citoyenne et républicaine.
  5. Refonder le rôle de l’Etat. En application des principes fondateurs de justice et de responsabilité, un Etat rénové et recentré sera garant de nos libertés, de notre sécurité, de nos valeurs, et de notre patrimoine acquis tout au long de notre histoire.
  6. Reconstruire une Europe citoyenne. Pour que l’Europe redevienne un horizon mobilisateur, nos institutions européennes, le pouvoir accordé à leurs dirigeants, et la représentativité des pays membres seront totalement repensés afin que chaque citoyen se sente partie prenante d’une Europe redevenue centrale dans les grands changements mondiaux.

[1] Philippe Blond in agora .qc.ca

[2] A theory of justice – John Rawls 1971

[3] Race et histoire – C Lévy-Strauss – Conférence à l’UNESCO – 1952