Mois : septembre 2016

« Quel que soit le degré d’égoïsme que l’on impute à l’homme, il y a évidemment dans sa nature certains principes qui le font s’intéresser à la fortune des autres, et lui rendent leur bonheur nécessaire, bien qu’il n’en retire rien, si ce n’est le plaisir de le voir »[1].

Dans son célèbre ouvrage, Adam Smith soutient l’idée que la morale humaine dérive de notre « sympathie » naturelle pour les autres (l’empathie dirait-on aujourd’hui). En regardant les choses du point de vue des autres, nous apprenons à mieux vivre en leur compagnie.

En quelques phrases, l’un des plus brillants penseurs des Lumières écossaises décrit ce que nous entendons par humanisme et nous propose l’une des visions les plus convaincantes du lien entre l’intérêt individuel et une vie harmonieuse en société. Il y a plus de 250 ans , Adam Smith nous donnait les clés d’un vivre ensemble. Dans quel état d’esprit serait-il s’il pouvait observer ce que nous avons fait de ses principes ?

« Le vote en faveur du Brexit exprime le plus grand rejet de la mondialisation qu’ait connu dans les urnes le monde occidental. Les bénéficiaires de la mondialisation, tous ceux qui culturellement comme financièrement se trouvent en phase avec le nouvel ordre du monde, sont désormais minoritaires dans la société »[2]. L’exclusion sous toutes ses formes dans nos pays « riches » est devenue un phénomène tellement profond qu’un économiste renommé[3] n’hésite pas à intituler son dernier livre « l’homme inutile ». Bien plus que les attentats qui ont meurtri plusieurs pays européens, les agressions subies par de nombreuses femmes à Cologne, représente l’envers absolu du grand récit de l’ouverture à l’autre censé être toujours une richesse. Sans doute le plus grave, c’est que devant cette agression, un désir de soumission avilissant s’est fait entendre. La maire de Cologne a ainsi invité les femmes à adapter leurs comportements aux nouveaux venus. Les femmes légèrement vêtues devenaient responsables de l’agression qu’elles subissent !

Changer l’Ecole, ce n’est pas uniquement changer les modalités d’action, c’est changer structurellement et en profondeur le fonctionnement de l’Ecole dans sa globalité en y associant tous les acteurs. C’est donc mener en parallèle une réflexion sur les attentes des élèves (enfants ou adultes d’ailleurs), des familles, des enseignants, et sur son objectif actuel dans le monde du XXIe siècle (sans cesse en mouvement).

Si l’Ecole a pour mission de préparer nos enfants à vivre dans une société en perpétuelle mutation, à développer leurs compétences, aptitudes, et capacités d’adaptation, force est de constater qu’elle n’assure que très partiellement sa mission.

Parmi un grand nombre de pays développés, notre Ecole reste une des plus inégalitaires, et fait plus grave, cette inégalité se creuse davantage d’année en année. En effet, quatre écoliers sur dix quittent l’école primaire avec de graves lacunes en lecture, écriture et calcul ; ils ne parviennent pas à rattraper ce retard au collège et 15 % ne maîtrisent toujours pas ces savoirs fondamentaux à l’issue de la scolarité obligatoire.

Un tiers seulement des élèves entrant en 6ème au collège parvient au baccalauréat dans le temps initialement prévu de son parcours éducatif et entre 100 000 à 150 000 jeunes, décrochent et sortent chaque année du système scolaire sans diplôme. Ce coût du décrochage scolaire (tous coûts induits) a un impact très lourd dans notre société ; il correspond à 1,1 % de notre PIB en 2014, c’est-à-dire qu’il se monte à 22,1 milliards par an.

Plus d’un tiers des étudiants de l’enseignement supérieur abandonne ses études dans la première année de leur cursus. Plus de 40 % des enseignants disent se sentir mal préparés au volet pédagogique de leur métier et leur rémunération est bien inférieure aux autres pays de l’OCDE.

RoxaneRevon

“On ne change pas les choses en s’opposant à ce qui existe déjà. Pour que les choses changent, il faut construire un nouveau modèle qui rende l’ancien obsolète.”

 

« Je me suis engagée sur la plateforme LaPrimaire.org afin de contribuer à renouveler le modèle d’un pays et d’un continent qui m’est particulièrement cher. Ce renouvellement est essentiel à deux niveaux : au niveau national et au niveau européen. Il devra être largement assuré par la société civile.

La France et L’Europe sont à un moment décisif de leur histoire. Le chemin qu’elles choisiront au XXIe siècle dépend en grande partie du choix politique positif que nous ferons, nous, Français en 2017 et en 2019. »

Roxane Revon vous invite à lire tous les articlesclic2 qu’elle publie régulièrement sur LaPrimaire.org ; ils sont un moyen d’échanger directement avec elle

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