Mois : juillet 2016

Les membres fondateurs de CitizenLab, les sympathisants et amis, ont tous apprécié de pouvoir échanger avec Roxane Revon, candidate qualifiée à LaPrimaire.org (cliquez).

Les échanges ont été très riches, notamment sur la question de l’Europe où tout un chacun a bien perçu les grands enjeux qui s’adressent à nous.

Le regard sur notre pays, que pose cette jeune femme de 30 ans déjà dotée d’une forte expérience internationale,  fut particulièrement surprenant et encourageant.

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La sécurité, l’éducation,  la justice, la gouvernance et la place de la France au sein d’une Europe, telle que nous la souhaitons, autant de thématiques abordées dans une liste non exhaustive.P1030593

 

 

 

La soirée provençale était à la hauteur de nos espérances : chaude, animée, généreuse et conviviale. Blanche de Weerdt, candidate également au sein de LaPrimaire.org était aussi des nôtres.

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Le site Web de Roxane (cliquez)

La première phase de LaPrimaire.org se termine bientôt.

Par Frédéric Monlouis-Félicité – Les Echos- 25-7-2016

L’idée du revenu universel est le produit d’une grande fatigue collective. Sous couvert de résoudre une situation sociale et de l’emploi inextricable, le revenu universel, revenu à la mode dans le débat, nous conduit à l’impasse : il exonère les acteurs économiques de tout effort pour repenser le modèle productif et entérine le statu quo.

Une vieille idée revient à la mode en Europe : celle de verser à chaque citoyen, de sa naissance à sa mort, une somme d’argent couvrant les besoins de base, indépendamment des ressources, de la situation familiale, patrimoniale ou professionnelle. La Finlande a annoncé une expérimentation en 2017. Les Suisses ont récemment rejeté par votation l’instauration d’un tel dispositif. Les Pays-Bas mènent des expérimentations locales.

La disparition de Michel Rocard nous plonge dans une profonde tristesse. Il avait été le président de notre conseil scientifique et nous avait accueillis dans ses bureaux alors que nous n’avions pas encore de quoi payer notre loyer. Parce qu’il ne ramenait pas le souci de la chose publique aux étroites préoccupations d’appareil, il avait accueilli avec bienveillance le projet de fonder un lieu indépendant et lui avait d’emblée apporté un soutien enthousiaste et indéfectible. Par curiosité intellectuelle et goût de la discussion, il consacrait du temps avec une grande générosité au travail collectif et aux rencontres publiques.Nous admirions le responsable politique, nous chérissions l’homme. Nous voulions poursuivre le chemin qu’il avait tracé en nous efforçant, comme lui, de conjuguer le réalisme et l’ambition, à l’échelle nationale comme à l’échelle de l’Europe. Comme lui, nous rêvions d’une gauche libérée des illusions révolutionnaires mais sans cesse tendue vers un horizon de justice; capable de gérer les affaires publiques mais sans perdre le goût de l’avenir; porteuse d’une haute idée de l’Etat et de la volonté politique, mais toujours consciente que le pouvoir est en même temps partout où se trouvent, dans la société, des femmes et des hommes prêts à s’organiser pour agir collectivement et prendre leur destin en main. Le rocardisme n’est pas le synonyme d’un réformisme appauvri, réduit à la verticale du pouvoir, à la magie des programmes et à la science des experts: il fait cause commune avec l’idée que la démocratie est aussi une forme de société et que le gouvernement des hommes ne doit jamais s’abîmer dans la simple administration des choses.

Ce chemin n’est pas le plus facile, nous le savons bien. Le sien avait été émaillé d’échecs politiques. Mais il devait aussi conduire à de nombreuses victoires intellectuelles. D’autres, plus nombreux, auront connu le destin inverse: des bilans électoraux glorieux, et des bilans idéologiques très minces. L’ingratitude de la carrière était peut-être le prix à payer pour recevoir les hommages d’une longue postérité. Ce sort fut aussi celui de son illustre devancier, Pierre Mendès-France. Avec lui, il aura également partagé une forte exigence morale dans l’exercice de la parole publique et des responsabilités. A l’heure où, pour tant de politiciens, les demi- voire les contre-vérités tiennent lieu de méthode, et le story telling d’art de parvenir, l’héritage de Michel Rocard est aussi celui d’une morale et d’une dignité.

Après celle d’Olivier Ferrand, qui fut son complice, la disparition de Michel Rocard est une nouvelle épreuve pour Terra Nova. Nous lui devons tant… Désormais privés de son conseil, mais riches de son souvenir, nous poursuivrons notre effort sur le chemin qu’il nous avait ouvert.

Pour la Fondation Terra Nova

Thierry Pech, Directeur général

le 3 juillet 2016